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Le leurre et l’argent du leurre

Expression de la section de Loire-Atlantique, à propos de l’accord sur la sécurisation de l’emploi qui sera combattu dans la rue le mardi 5 mars prochain :

Un syndicat signe ou non un accord, à l’issue d’une négociation, sur la base de ses orientations, de sa conception de l’intérêt des salariés, et du mandat reçu de ses adhérents.

Pour la CGT, l’intérêt des salariés n’est pas, en contrepartie que quelques timides avancées, de satisfaire la revendication centrale du Medef qui est de fragiliser encore plus le droit du travail, de légaliser le chantage à l’emploi en acceptant le principe de baisse du salaire, d’augmentation du temps de travail ou de mobilité forcée.

La CGT avait combattu les accords « compétitivité/emplois » initiés par Sarkozy. Ce n’est pas pour en accepter un clone.

Ce n’est en tout cas pas le mandat qu’avait reçu la délégation de la CGT dans la négociation sur la « sécurisation » de l’emploi. La CGT n’a donc pas signé l’accord totalement déséquilibré conclu le 11 janvier entre le patronat et 3 organisations syndicales.

Hier, le Medef claironnait en substance : « les profits d’aujourd’hui feront les emplois de demain ». On a bien vu les profits, on attend toujours les emplois.
Les mêmes affirment maintenant que licenciements, austérité et insécurité d’aujourd’hui feraient les emplois de demain !

L’actualité éclaire pourtant crûment les intentions patronales.

Renault a annoncé 7500 suppressions d’emplois. Cela fait des semaines que la direction tente de faire signer aux syndicats des accords de « compétitivité » qui sont autant de reculs sociaux : suppression de jours RTT, mobilité forcée qui obligerait un salarié à faire 100-150 kms aller-retour pour rejoindre l’usine où il y aurait besoin de bras, possibilité de moduler le temps de travail et les salaires en fonction de l’activité...
Le groupe Renault, c’est 3,4 milliards de bénéfices en 2010, 2,1 milliards en 2011 et 786 millions pour les 6 premiers mois de 2012 !

Rappelons nous par exemple l’usine Continental de Clairvoix (60), où, en contrepartie de la promesse de la poursuite de l’activité du site, la direction
avait, en 2007, imposé le retour à 40h de travail par semaine sans augmenter les salaires et programmé la fermeture dès 2009 !

Rappelons-nous l’usine Bosch à Vénissieux (69), où, avec le même type de chantage en 2005, les salariés ont perdu 6 jours de RTT, ont vu leurs salaires bloqués pendant 3 ans, et où, au final, 400 postes ont été supprimés...

Rappelons-nous encore, Général Motors à Strasbourg. En 2010, contre l’avis de la seule CGT, les salariés acceptent de perdre 6 jours de RTT, de voir leurs salaires bloqués pour 2 ans, de perdre leur prime d’intéressement jusqu’en 2013. Quelques mois plus tard, les suppressions d’emploi étaient annoncées...

Cherchez l’arnaque !

Article publié le 19 février 2013.


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