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Salaires et pouvoir d’achat : Un enjeu essentiel

Parmi les questions incontournables, celle des salaires et du pouvoir d’achat occupe une
place prépondérante.

D’ailleurs, une enquête récente de l’IFOP (novembre 2010), souligne que la revalorisation de
leur pouvoir d’achat est redevenue la première priorité des fonctionnaires.
Rappelons d’abord que la valeur du point sert de référence pour payer 95 % des agents des
3 versants de la Fonction publique et 90 % des rémunérations servies.
L’attente est d’autant plus grande, les exigences sont d’autant plus légitimes que, ces
dernières années les politiques gouvernementales ont conduit à une dégradation brutale de
la situation (valeur mensuelle du point d’indice : 4,63€, s’il avait suivi l’inflation depuis le
01/01/2000, il devrait être à 5,06€).

Au 1er janvier 1984 a été mise en place la politique salariale dite de « désindexation » dans
la Fonction publique, les réévaluations de la valeur du point ne sont plus censées suivre
l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) calculé par l’INSEE.
Depuis le 1er janvier 1984, par rapport à l’IPC, la valeur du point a perdu 23,5 %, et
depuis le 1er janvier 2000, la perte est de 8,9 %.
Depuis 2000, la perte moyenne est de :
– pour un cadre C de la fonction publique, 165 euros par mois,
– pour un cadre B de la fonction publique, 210 euros par mois,
– pour un cadre A de la fonction publique, 310 euros par mois

C’est ça la réalité ! Quoi qu’ils en disent !

Pour faire passer la pilule et/ou masquer les réalités, les gouvernements successifs ont mis
en place des « outils » de mesure tendancieux et dangereux.
Il s’agit, en particulier, du Salaire Moyen par Tête (SMT) et de la Rémunération Moyenne
par Personne en Place (RMPP). Ces 2 « instruments », même s’ils ont quelques différences,
reposent sur une logique similaire : faire rentrer dans l’estimation de l’évolution du pouvoir
d’achat des fonctionnaires, les mesures catégorielles, les effets de carrière, etc.

Ce ne sont pas les perspectives annoncées, avec en particulier, le gel de la valeur du point
sur 2011, 2012 et 2013 qui vont améliorer notre pouvoir d’achat.
Au 1er janvier 2011, le SMIC a augmenté du minimum légal, soit 1,6 %.
En urgence, le gouvernement a été contraint de passer un décret alignant le salaire
minimum de la Fonction publique sur le SMIC à cette date.
Par ailleurs, si, et c’est une hypothèse basse, le SMIC est de nouveau réévalué du même
pourcentage au 1er janvier 2012 et au 1er janvier 2013, voici quelques exemples de ce qui
se produira :

  • Même avec la fameuse réforme de la catégorie B (le Nouvel Espace Indiciaire), le
    recrutement dans le 1er grade s’effectuera à ……. 1,8 % au-dessus du SMIC, rappelons
    que, en 1986, le 1er échelon de la catégorie B était encore 24 % au-dessus du
    SMIC.
  • La catégorie A verra son 1er échelon de la carrière type émarger à 14,7 % au dessus du
    SMIC.

C’est l’ensemble du traitement indiciaire du fonctionnaire qui sera encore
plus tiré vers le bas !

De plus, avec la mise en place du Régime Additionnel de la Fonction publique (le RAFP), fond
de pension que la CGT combat toujours, nous sommes confrontés à une cotisation
supplémentaire de 5 % sur les primes, sur une assiette plafonnée à 20 %.
De même, sous couvert, de l’alignement Public-Privé, la dernière réforme des retraites,
passée en force fin 2010, va, à terme, amputer notre traitement de 2,7% au titre des
cotisations pension civile.

Encore une tromperie pour baisser nos salaires !

Les primes

Face à nos revendications salariales, l’état tente d’y répondre par l’instauration de la
rémunération à la performance individuelle.
Dans une étude de l’ EDHEC de 2006, une directrice de recherche, Maya Bacache-
Beauvallet, indique dans sa conclusion : « des primes uniquement fondées sur des
indicateurs quantitatifs de performance individuelle comportent un risque certain
d’atteinte à la qualité et à l’égalité de l’usager devant le service public qui fondent leur
existence ».

On ne saurait mieux dire !

Cette politique managériale va obligatoirement introduire des pratiques clientélistes et
discriminatoires. Quels que soient les garde-fous mis en place, les portes seront grandes
ouvertes pour que soient récompensés – ou sanctionnés – les comportements des agents en
fonction de leur niveau d’adhésion aux désidératas des chefs de service.
L’Etat s’offusque de la politique managériale de France-Télécom mais
instaure la même dans ses services.
Dans la logique des adeptes de ce système, il faut que « le jeu en vaille la chandelle ».

Autrement dit, il faut que les sommes sur lesquelles joue la modulation soient
significatives.
Or, qui peut croire en ces temps d’austérité budgétaire, que les crédits consacrés au
paiement des personnels puissent globalement augmenter ?
Pour accroître encore les régimes indemnitaires, la voie choisie sera immanquablement de
réduire davantage la part réservée au point d’indice.
Enfin, rappelons d’abord une donnée majeure : lorsque l’on rapporte les salaires de la
fonction publique aux richesses créées (au Produit Intérieur Brut), on constate que les
traitements, primes et pensions alloués aux ayant droit des 3 versants de la Fonction
publique sont en diminution. Ainsi de 2000 à 2008, ils représentent 0,7 % de PIB en
moins, soit environ 13 milliards d’euros.
On est donc bien loin des discours idéologiques matraqués par certains comme quoi
l’ensemble de la masse salariale versé aux actifs et aux retraités constituerait un poids
toujours plus lourd pour l’économie.
A titre de comparaison, les dividendes ont augmenté de 5,3 points de PIB entre 1982
et 2007, passant de 3,2 % à 8,5 % du PIB. Cela représente 103 milliards d’euros
pour la seule année 2010. 103 milliards d’euros qui ont été captés par les actionnaires
aux détriments des salaires.

Dans ce domaine, là aussi, les représentants de l’état n’hésitent pas à
travestir la réalité.
us pour gagner moins :
Augmenter de 1% la valeur du point d’indice pour l’ensemble des fonctionnaires
représenterait une dépense de l’ordre de 800 à 850 millions d’euros nets.
Cette somme est à rapprocher du coût du bouclier fiscal :

  • En 2007 : 246 millions d’euros pour 15 066 contribuables
  • En 2008 : 563 millions d’euros pour 15 500 contribuables
  • En 2009 : 679 millions d’euros pour 18 764 contribuables

Par ailleurs, l’argument de la crise pour nous serrer la ceinture à décidément bon dos !

En effet au 1er semestre 2010, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 41 milliards d’euros
de bénéfices. C’est une hausse de 90 à 100% par rapport à 2009.
S’il en était besoin, tout cela confirme que la crise est bien finie pour les capitalistes, mais
reste à résoudre la crise sociale.

L’augmentation des salaires n’est donc pas un problème de moyens mais
bel et bien un choix dogmatique et une volonté politique.

Expression de nos collègues du 09

Article publié le 5 mars 2011.


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