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Retraites par spoliation !

Le MEDEF est plutôt silencieux ces temps ci. Il faut dire que N. Sarkozy et le copain de Liliane ont concocté une réforme à sa convenance.
Pour certains de ses principaux représentants la réforme gouvernementale qui fait supporter 90 % de l’effort financier aux salariés est celle qu’ils appellent de leurs voeux. Pourtant lorsqu’il s’agit de LEUR RETRAITE les grands patrons sont moins regardants en matière d’efforts et d’économies.

Pour eux ce n’est pas la retraite par répartition mais bien la retraite par SPOLIATION.

Jugez plutôt. Quelques exemples de retraites « chapeau » prises sur les fonds des entreprises qu’ils dirigent :

  • L’Oréal a provisionné pour son PDG Lindsay Owen Jones 3,3 millions de retraites annuelles (81,4 millions provisionnés au total).
  • Pour Franck Riboud, PDG de Danone c’est 1,8 millions (32 millions provisionnées).
  • Pour Henri de Castries PDG d’AXA c’est moins : 1,1 millions (19,8 millions au total) .
  • Pour Denis Kessler (PDG de SCOR) : 800 000 euros (15 millions provisionnés).
  • Pour Henri Proglio (Véolia) 769 000 euros et 19,2 millions provisionnés.

Des retraites qui ont l’avantage de n’être soumises ni à la CSG ni aux cotisations sociales, elles ne contribuent qu’au fonds de solidarité vieillesse à hauteur de 12 %.

Mieux, alors que le salarié du privé doit aligner ses 25 meilleures années pour calculer sa pension, les patrons cités pourront calculer leurs droits sur la base de leurs trois derniers salaires.

Pour le magazine Capital rien de plus normal, car « sans ces retraites chapeau un PDG payé 1 million d’euros l’an ne toucherait que 100 000 euros au moment de faire valoir ses droits (au delà de 8 fois le plafond de la sécu le montant des rémunérations n’étant plus pris en compte pour le calcul des pensions classiques ) ». Une misère.

Plus fort encore, certains ont demandé à leur conseil d’administration d’inscrire des clauses permettant à leurs épouses ou descendants de continuer à toucher le jackpot après leur décès.
L’épouse du PDG d’Air Liquide pourra ainsi continuer à toucher 60 % de la rente de son mari (soit 306 000 euros annuels). Chez l’Oréal, la pension sera assurée aux enfants du directeur général et à ceux de ses collaborateurs directs.

Comme on peut le constater, la classe dirigeante et son porte parole de l’Elysée, si prompte à demander des sacrifices aux salariés, sait très bien s’organiser pour préserver ses propres intérêts. Mais Fillon l’a encore dit l’autre soir la réforme est juste et équitable. Ben voyons !

Répartition des richesses

La CGT n’a de cesse de dénoncer la déformation du partage de la richesse produite au détriment des salariés depuis 25 ans. Emploi et salaires sont en effet les meilleurs garants du financement de la protection sociale.

Patrick Artus, Directeur Financier chez Natixis, ne dit pas autre chose :

1) Il vaudrait mieux accroître les salaires qu’augmenter les dettes publiques (Mai 2010)

Dans la totalité des grands pays de l’OCDE, le partage des revenus se déforme ou va se déformer au détriment des salariés.
La hausse induite de la part des profits dans le PIB est dans la plupart des pays peu utile, car elle ne finance pas un supplément d’investissement des entreprises en raison de la situation d’excès de capacité de production.
L’affaiblissement de la demande des ménages qui résulte, d’abord de l’arrêt de leur endettement, puis maintenant de la déformation du partage des revenus, est une des causes essentielles des déficits publics et de la hausse des taux d’endettement public.

Compte tenu de la situation des finances publiques, il serait efficace d’éviter la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, ce qui soutiendrait la demande privée et contribuerait à la réduction des déficits publics.

2) Sur les salaires il écrivait en avril 2010 :

Depuis la crise, on voit apparaître une absence de coopération généralisée de fait, tous les pays connaissent des baisses (freinages) des salaires qui dépriment la demande globale et font courir le risque d’une dynamique déflationniste.

Malheureusement, la baisse des salaires n’est pas la bonne réponse aux problèmes économiques des pays de l’OCDE :

  • le problème global de l’économie mondiale est l’excès d’épargne privée, qui sera renforcé par la baisse des salaires ;
  • la stratégie, hautement non-coopérative, de baisse des salaires dans un seul pays (Japon, Allemagne) pouvait être efficace pour ce pays avant la crise ; la situation est totalement différente si tous les pays pratiquent cette stratégie ;
  • baisser les salaires ne change pas grand chose au déficit de compétitivité pour les mêmes produits, vis-à-vis des pays émergents.
    La coordination au sein de la zone Euro impliquerait donc des salaires plus élevés dans chacun des pays de la zone euro.

Des salaires plus bas dans la zone euro ne servent à rien globalement : le gain de compétitivité par rapport aux pays émergents est dérisoire, et le taux de change de l’euro peut varier.

3) Sur la fiscalité et les déficits publics :

Le problème essentiel de l’économie européenne est le niveau élevé du chômage structurel et la faiblesse de la croissance potentielle. Il faut donc éviter les hausses d’impôts qui décourageraient l’emploi ou l’investissement......

Que subsiste-t-il alors comme pistes pour réduire les déficits publics :

  • une taxation plus élevée des revenus du capital, qui sont surtout épargnés ;
  • une taxation plus élevée des successions (des héritages), qui réduirait le taux d’épargne .

Source : CGT Finances Publiques du 65 -Hautes Pyrénées

Toujours sur les retraites :

Pour accéder à : Vive les retraites ! Une vidéo excellente, pleine d’humour et qui explique tout et trés bien !
Extrait de la conférence gesticulée Inculture(s) 5 : « Travailler MOINS pour gagner plus...ou l’impensé inouï du salaire » avec Gaël Tanguy et Franck Lepage de la Scop Le Pavé.

Cliquez sur le lien : http://www.tresor.cgt.fr/13/spip.php?article1480

Article publié le 27 septembre 2010.


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