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L’exécutif affronte une montée des tensions sociales

Des salariés invités par l’ensemble des syndicats à protester partout en France, jeudi 22 mai, contre le projet gouvernemental d’allongement à 41 ans de la durée de cotisation pour la retraite, des marins pêcheurs dont la protestation sur l’envolée du prix du gazole pourrait s’étendre à d’autres secteurs, une fonction publique de plus en plus à cran au vu des restructurations engagées dans le cadre de la réforme de l’Etat. Sans oublier les enseignants appelés, une nouvelle fois, samedi 24 mai, à défiler « contre la politique éducative du gouvernement ».

Education nationale. La présence des enseignants dans les cortèges jeudi pour la défense des retraites devrait être moins importante. Les organisations syndicales préfèrent se concentrer sur la journée d’action du samedi 24 mai. Dix-neuf organisations, dont les syndicats d’enseignants, la FSU, l’UNSA-Education, le SGEN-CFDT, mais aussi les parents d’élèves de la FCPE, les lycéens de l’UNL ou les étudiants de l’UNEF se mobiliseront à Paris et en province pour protester contre la politique éducative du gouvernement. La suppression de 11 200 postes prévue à la rentrée 2008 alimente depuis plusieurs semaines le mécontentement. L’annonce, le 15 mai par Nicolas Sarkozy, d’un projet de loi imposant un service minimum d’accueil des élèves les jours de grève a encore ajouté au trouble.

Impôts. A Bercy, c’est l’effervescence : 38 % des agents de la nouvelle direction générale des finances publiques ont fait grève le 15 mai. Depuis, certains sites parisiens sont bloqués et le mouvement fait tache d’huile en province. Selon le Syndicat national unifié des impôts (SNUI), c’est la première fois depuis 2003 que l’on trouve semblable mobilisation.

La fusion des anciennes directions générales des impôts et de la comptabilité publique, que le gouvernement juge emblématique de la réforme de l’Etat, se complique sur le terrain. Les 2 500 suppressions de postes programmées en 2009 font craindre une détérioration des conditions de travail. « A Bercy, depuis plusieurs années, on est au-delà de la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Et le projet de loi sur la mobilité, qui va permettre de licencier des fonctionnaires, constitue une attaque frontale contre le statut », relève Christophe Delecourt, secrétaire général de la fédération CGT des finances, qui s’inscrit dans une logique de poursuite du mouvement.

Article du journal « Le Monde »

Caroline Monnot avec Claire Guélaud et Catherine Rollot

Article paru dans l’édition du 23.05.08.

Article publié le 23 mai 2008.


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