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Le grand bazar du lundi de Pentecôte

Les commentaires (orientés) n’étaient pas tristes sur le « bilan » de cette journée dédiée, en principe, à la solidarité avec les personnes agées confrontées au handicap et à la dépendance.

Sauf que mal engagée et impopulaire, cette mesure a été vidée de toutes dispositions directives, et que désormais, c’est le grand foutoir, lequel est certainement tout aussi coûteux, sinon plus, que ce que cette journée est censée rapporter.

Ecole et crèches fermées, mais parents qui travaillent.... Services publics fermés pour la plupart, avec des situations ubuesques, comme la déclaration des revenus, dont la période a été retardée pour permettre, comme en 2006, la mise à jour des informations destinées à la DPR, et que les contribuables doivent recevoir et remplir en ce joli mois de Mai, où du fait des ponts « naturels » et du Lundi de Pentecôte transformé en impôt en nature par la mise en congés d’offices des personnels, à la DGI comme à la DGCP, ils ne disposent que de quelques jours pour trouver un guichet ouvert pour exposer leurs problèmes et obtenir de l’aide !

Une fois encore, les médias ont opposé le privé (les gentils méritants, certainement bien votants, qui ont sans rechigner dédié cette journée de labeur à leurs ainés) et le public (les méchants, fainéants et inutiles, qui font de l’obstruction aux sacrifices pourtants nécessaires et acceptés par les premiers).

Sauf que dans la vraie vie, celà ne s’est pas tout à fait passé comme celà : Les Directions, plutôt que de gérer les plannings de congés et les éventuels conflits, voire la disparité dans les différentes unités de travail, ont préféré décréter la fermeture obligatoire de toutes les unités, par prélèvement obligatoire sur les jours d’A.R.T.T ou sur les jours de congés pour les ponts dits « naturels ». Et à ceux qui vont objecter que ces ponts « naturels » font l’objet d’un vote des personnels, il convient de rappeler à ces grands naïfs que non, le Père Noël n’existe pas ! Et que de toutes façons, le vote n’a certainement pas été aussi unanime que celà partout, au vu des réactions enregistrées. Ajoutez à celà ce fameux Lundi de Pentecôte et vous obtenez 4 jours fériés plus 3 jours chômés soit quasiment 1 semaine 1/2 sur le mois en termes de jours ouvrables. Bon pour les grands week end, mais moins bien pour le service public.

Car ainsi, on met le service public en berne, pour mieux le critiquer et le démolir après. D’autant que dans ceux des services qui ont une activité continue (transports, hôpitaux, etc...), les personnels étaient à leur poste, gratuitement, ce qui constitue un véritable racket et crée des tensions entres agents. Dans la territoriale, c’était pire puisque suivant l’orientation de telle ou telle collectivité, le personnel avait sa journée ou pas, payée ou retenue suivant les cas.

Même situation dans certaines entreprises où l’on pouvait trouver autant de formules différentes que de variétés de champignons (poussant comme eux un peu partout et certaines étant non comestibles voire toxiques pour les salariés).

Et au milieu de ce capharnaüm, on a bien sur omis de se poser la question essentielle : pourquoi les seuls salariés doivent-ils être solidaires ? Quid des professions libérales, des commerçants et des agriculteurs ? Et que dire des rentiers vivants des revenus financiers faits sur le dos des travailleurs : leurs demandent on un peu de solidarité sur ces profits ? Il est évident que ce n’est pas le lundi de pentecôte travaillé pour les seniors qui empêchera Johnny de rentrer en France avec son conseiller fiscal, Laëtitia, dont la puissance d’analyse n’aura échappé à personne. Et nulle voix au MEDEF pour dénoncer « l’aberration » d’une mesure qui crée autant de complications, tant il est vrai qu’il s’agit encore, pour les patrons, d’une mesure qui ne leur coûte rien et leur permet d’imposer leur vision des choses : pour ceux qui ont des stocks, pas de commandes ou une activité ralentie, c’est la mise en congés du personnel, présentée comme une mesure « sociale » mais la paye reste amputée car rares sont ceux qui en font cadeau, contrairement à ce que raconte sans rire certains médias ; pour les autres, c’est une aubaine qui leur permet, tout en s’exonérant de toute responsabilité, de gratter un jour de travail non rémunéré à leurs salariés. Merci qui ?

Extrait de la déclaration officielle de la CGT sur le sujet (cliquer pour l’expression complète) :

Le gouvernement, lui, vient de réaffirmer le maintien du principe de la journée de solidarité instauré en 2004 par le gouvernement Raffarin. La CGT, quant à elle, réaffirme son opposition à une journée de travail gratuit obligatoire

Comment ne pas voir dans cette décision une double imposture de la part du nouveau gouvernement ?

Alors que ce gouvernement n’a plus qu’un slogan à la bouche « travailler plus pour gagner plus » il n’hésite pas à reprendre à son compte un dispositif qui revient, pour tous les salariés, à « travailler plus pour ne rien gagner »

Le gouvernement voudrait également nous faire croire que face aux problèmes du handicap, de la dépendance, des personnes âgées, ce dispositif, qui repose essentiellement sur la contribution des salariés qui y perdent une journée de travail, serait suffisant.

Pour la CGT, une réponse solidaire et collective passe par la réforme d’ensemble du financement de l’assurance et de la protection sociale.

Pour ces raisons, la CGT demande l’abandon pur et simple d’un tel dispositif injuste et inefficace.

Article publié le 29 mai 2007.


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