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LE POING - Juin 2025

Avec l’arrivée de l’été, les apôtres de la gestion des administrations sur le modèle de l’entreprise privée ont des ailes.

En effet, ils peuvent surfer sur la vague de la propagande du déficit public de la France savamment organisée par le gouvernement.

C’est le moment de franchir une nouvelle étape.

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, estime que pour reprendre le contrôle des finances, il est nécessaire de freiner les dépenses, en précisant : « L’exercice de productivité sous-jacent, c’est à peu près 2 % de notre dépense par an ».

L’expression est lâchée, « gain de productivité ».

POING - Juin 2025 version numérique

Alors que l’idée même de faire porter le rétablissement des comptes publics uniquement sur les dépenses est erronée et improductive.
La déclaration de notre ministre est un coup de communication qui n’est pas sans conséquences sur le terrain. Des déclinaisons concrètes commencent à se mettre en place au travers du contrôle de gestion en devenant une priorité pour la DGFIP.

Le contrôle de gestion est un processus essentiel qui permet aux entreprises du privé de s’assurer que leurs ressources sont utilisées efficacement pour atteindre leurs objectifs stratégiques.

Dans le contexte politico-médiatique actuel, il ne fait aucun doute que les objectifs fixés seront purement budgétaires.

Aucune conception du service public n’est envisagée autre que celle de son coût toujours trop élevé. Alors, voici venue l’ère des « Cost Killers » ( tueurs de coûts ou dégraisseurs) !

Dans notre direction, le nouveau directeur, qui comme chaque nouveau directeur, se doit de réorganiser ses services de direction, a fait le choix de créer un nouveau pôle LE POLE SYNTHÈSE COORDINATION STRATÉGIE, avec une cellule dédiée au contrôle de gestion.

Cette dérive vers une gestion purement entrepreneuriale remonte déjà à loin avec notamment le lancement du RIFSEEP qui aligne la gestion des primes sur des standards du privé en les conditionnant aux fonctions exercées et aux résultats. Avec la mise en place de Copernic, désormais Cap numérique, a été lancée « la ligne de production » PILAT (PILotage et Analyse du conTrôle) dans l’idée de créer « une usine Contrôle Fiscal », complètement intégrée du signalement des services de gestion, au recouvrement et contentieux, avec un fort renforcement des outils de pilotage pour assurer le cadencement.

Nos « managers » sont maintenant parfaitement acquis à « la performance » et au « benchmarking » ( comparatif avec les meilleurs standards).

Nous ne devrions pas avoir à rappeler que nous sommes le service public, nous sommes les acteurs constitutionnels de la justice fiscale, les gardiens des finances publiques. Nous ne sommes pas des vendeurs de déclarations, des téléopérateurs téléphoniques, de simples comptables des collectivités locales. Les pouvoir publics se doivent de trouver les moyens de financer les services publics et non l’inverse. Les services publics ne doivent pas servir à financer les baisses d’impôts et exonérations de cotisations des plus fortunés.

Justice fiscale ! justice sociale !

Sébastien Rioux

Article publié le 30 juin 2025.


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